| Le comte de Bussy-Rabutin et son château |
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”Bussy n’est pas une grande maison, mais elle est bâtie magnifiquement et les dedans sont d’une beauté singulière et qu’on ne voit point ailleurs.” Lettre de Bussy à Madame la duchesse d’Holstein, comtesse de Rabutin, le 5 mai 1686. Le l0 septembre l666, Roger de Rabutin, comte de Bussy, regagne son château de Bussy, en Bourgogne. Le roi Louis XIV, après l’avoir fait emprisonner plus d’un an à la Bastille, a exilé sur ses terres celui qu’on appelle Bussy-Rabutin, avec interdiction de paraître à la cour ou à Paris. Disgracié, le mestre de camp général de la cavalerie, le lieutenant-général des armées du roi, l’académicien français n’est plus rien. La publication, malgré lui, de son Histoire amoureuse des Gaules a définitivement ruiné sa carrière. Ce petit roman satirique n’est cependant que le dernier de ses excès publics Bussy-Rabutin a indisposé, depuis longtemps déjà, bien des gens influents à la cour par ses médisances et choqué les dévots par son libertinage. Soldat courageux, son épée l’a conduit aux plus hautes charges militaires ; homme d’esprit, il s’est perdu pour quelques chansons, de fins portraits et des bons mots pour briller dans les salons. Il devait expier pendant dix-sept ans ; malgré son rappel par le roi en 1682, ne trouvant plus sa place à la cour, il achèvera ses jours dans sa province natale. Nous devons à ce malheureux destin une œuvre littéraire majeure, dont on découvre l’importance, faite principalement des Mémoires et des Lettres dont une grande partie est destinée à sa cousine, la marquise de Sévigné. Roger de Rabutin fera également réaliser le merveilleux décor du château de Bussy, un des rares ensembles décoratifs du Grand Siècle qui nous soit parvenu. Le château de Bussy et son hôte le plus fameux sont ainsi indissociables. La demeure seigneuriale permet de mieux comprendre le gentilhomme bourguignon. comme la personnalité de Bussy-Rabutin explique la maison qu’il a voulu aménager. Les personnages de son destin, de ses rêves de gloire, ou de ses amours déçus peuplent les lambris. L’ombre des grands de son temps y flotte dans les portraits d’un salon ou surgit par les inscriptions d’une antichambre. On peut imaginer aussi l’existence quotidienne d’une noblesse d’épée, peu fortunée, dans sa province. La découverte de Bussy est toujours passionnante et ouvre une perspective originale sur le XVIIe siècle, entre la fin du règne de Louis XIII et l’affirmation du pouvoir personnel de Louis XIV. |
